Après une longue délibération, le jury des « 11èmes Rencontres des Jeunes Auteurs »
présidé par Jean Larriaga, n’a pas voulu trancher entre deux textes
très différents mais de qualité égale et, exceptionnellement, a décerné deux prix ex-aequo.
(Ce qui ne s’était plus produit depuis 1999 avec deux co-lauréats,
Thierry Chaumillon et Claude Mercadié.)
D’un côté le texte « Sécheresse » de Lionel Parrini, jeune auteur venue d’Aix en Provence,
une pièce à deux personnages, un couple qui n’arrive pas à avoir d’enfants
et qui galère financièrement. Un quotidien triste décrit avec humour où l’auteur
arrive à nous montrer, tout en finesse, l’amour qui brille faiblement mais brille
quand même sous la grisaille de la monotonie et des épreuves.
De l’autre « Urbanishad » de Franoise Coudret, une auteure antiboise.
« Urbanisahd » est une tranche de vie saisissante, à 23 personnages,
qui parle de la vie dans ce qui pourrait être les banlieues d’aujourd’hui,
sauf que ce texte a été écrit il y trente ans !
Il n’y a pas de téléphone portable, pas de voitures brûlées et cependant tout y est.
Le malaise de l’urbanisation en grands ensembles et de la ghettoïsation est là.
En écoutant ce texte prémonitoire on devine tout ce qui, hélas, va se passer par la suite…
Une fois de plus le théâtre Alexandre III de Cannes a été le foyer
de la création théâtrale et s’est transformé, le temps d’un week end
en maison des jeunes auteurs de la Région Paca. Une expérience inoubliable
pour tous ces jeunes créateurs que de voir le théâtre de Cannes
leur ouvrir ses portes. Car, tous les auteurs vous le diront, consciemment
ou inconsciemment, Cannes n’est pas une ville ordinaire.
Il y avait deux candidats des Alpes-Maritimes. La brillante Niçoise Martine Pujol
et son étonnant texte sur Freud, et Franoise Coudret, la co-lauréate d’Antibes.
Deux candidats des Bouches du Rhône, Lionel Parrini (co-lauréat)
et Isabelle Chalony, et enfin un candidat de Montpellier, Eric Brun.
Tous on été accueillis chaleureusement et ont entendu, certains pour
la première fois, leur texte prendre vie par les voix des comédiens
de la Compagnie Epigramme, d’Emmanuelle Lorre, qui se sont donné à fond
pour faire briller ces textes.
Jean-Marc Weber